-Voir la Restauration -Lire l'essai en vol -RetourLES FRERES GASTON ET RENE CAUDRON Sources : "Les frères Caudron" de ROGER LABRIC Ed Fernand Sorlot
coll "Pionniers de l'Aviation Française"Sources : "Renault
et l'Aviation" de GILBERT HATRY Ed JCM.Communications |
| Ils sont nés à
Favières , dans la Somme, près du Crotoy. Fils d'un
riche agriculteur picard, à cette époque la voie était
tracée. Gaston , laîné, naquit le 18 janvier
1882 et René le 1er juillet 1884. Ils feront leurs
études au collège dAbbeville. Leurs études
terminées ils rejoignent la ferme familiale, ferme dans
laquelle se trouvaient des machines agricoles qui
développèrent leurs sens de la mécanique.Plus tard on
les vit caracoler sur des motocyclettes
La
conscription les tira de là pour les affecter dans
lartillerie au 16ème
R.A.L. à Rueil (Seine et Oise). |
 |
Le premier
Caudron. En 1908, cétait
le temps des Wright. Cest à cette époque que
naquit le projet du premier avion. Avant même
l'expérimentation du "planeur" , les deux
frères qui ne doutaient pas de l'avenir créaient une
association baptisée "Aéroplanes Caudron
frères", Gaston traçait les plans, cogités
ensemble, René construisait le hangar.En peu de temps,
aidé dun ouvrier menuisier, Victor Godefroy, le
premier avion fut assemblé avec bois et papier de
parchemin puis plus tard, de la toile caoutchoutée. (La
jument "Luciole" tire le 1er Caudron) Mais
laissons leur la parole : (Revue Aérienne du 25
septembre 1910) : (Photo de gauche
: Gaston) |
| " Nous avons commencé
à construire notre premier appareil en août
1908.Cétait un grand bi-plan de 60 m carrés sur
lequel nous devions mettre deux moteurs Farcot. Au
printemps de 1909, fatigués dattendre des moteurs,
nous avons fait du vol plané, traînés par un cheval
(et sa charette), avec cet appareil, et les essais ont
été effectués. "Par les moyens du bord, une
série de lignes droites en juin 1909"
(L'Aérophile). Reculant devant un
nouvel achat dun moteur suffisant, nous avons
décidé de la construction dun appareil plus
petit, muni dun moteur Anzani de 25 HP. Nous
commençâmes la construction le 15 juillet 1909, moi,
mon frère et un menuisier très capable qui est
maintenant notre chef datelier. |  |
| Le 21 septembre,
après quelques essais je volais quatre fois 1 kilomètre
en ligne droite ; le lendemain, enhardi, je volais
sur la campagne et fis des courbes, mais jétais
inexpérimenté, et, par un vent un peu violent, je fis
une chute de près de 20 mètres de haut. Jétais
indemne, mais lappareil en piteux état. Nous
réparâmes et je recommencerai.
Lappareil, en tant que planeur, était
semblable à ce quil est maintenant, mais avec un
gauchissement et avec hélice démultipliée à
larrière. Tout lhiver nous avons bataillé
avec notre transmission par chaîne. Jai volé 4 ou
5 kilomètres, mais le moteur employé était trop brutal
pour une transmission. Nous avons successivement brisé
ou tordu sept arbres dhélice, sans compter les
clavetages sautés et les coniques guillotinés.
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 |
1er avion Nous
avons alors pris le parti de mettre le moteur à
lavant et lhélice en prise directe. Les
essais furent plus suivis et les résultats meilleurs. Au
commencement davril, je réussis un vol de 10
kilomètres, de Romiotte à Forest-Moutier et retour.
Mais les récoltes poussaient, il devenait difficile
datterrir. Nous fîmes construire un hangar au bord
de la mer.La baie de Somme et Paris-Plage
sont des endroits tout à fait propices aux essais. Notre
bi-plan est très simple. Dailleurs, nous avons
été forcés de faire simple, notre outillage consistant
simplement en un établi, un étau et un porte-foret.
Cest insuffisant pour construire un aéroplane, y
compris lhélice, puisque nous navons acheté
que le moteur et les matières premières. | | Voici
les caractéristiques de lappareil :
Envergure : 8 m, Longueur : 8 m
Poids à vide : 205 kg, Surface portante : 22
m2, Moteur Anzani à 3 cylindres, Hélice Caudron frères
à 2 pales ; Diamètre 2,10 m, Vitesse de
rotation : 1.200 tours |
|
Le système datterrissage est sur patin.
Deux roues montées fixes dépassent seulement de
lépaisseur du pneu et servent au départ. La plus
grande particularité de lappareil est dans
lemploi dailes souples dont larquée
sefface sous la poussée de lair. Cest
à cette particularité que nous attribuons le bon
rendement que nous obtenons, puisque la vitesse est
grande avec un moteur faible. " Cette interview
est faite suite aux vols de Paris-Plage et du meeting
dAsnière. Lavion
légendaire : Le " Luciole ".
Doù vient ce nom de
" Luciole ".Tout le monde connaît
cet insecte lumineux la nuit ; eh bien non,
cest le nom dune jument ! Mais pas
nimporte laquelle, en effet cest elle qui,
faute de moteur, permettra les premiers vols des frères
Caudron en tirant leur avion ! Bien sûr il y eut
quelques ratés, mais elle aura été à lorigine
dune dizaine de beaux décollages et vols à 10 ou
15 m daltitude !
Le moteur !
Début 1909 un moteur Anzani de 20 CV leur
furent livré, avec transmission par chaîne. Le planeur
nétant pas un avion il fallut rectifier pour en
faire un véritable avion. Grâce à ce moteur René
Caudron fit son premier vol sur 800 m. Huit suivirent. Le
neuvième vol fut stoppé net par larbre
dhélice qui cassa et entraîna lhélice. Cet
incident fut bénéfique puisque à la suite dune
modification dans lendroit du moteur, les vols
suivants furent couronnés de succès.
|
| Le Crotoy
(Photo : C.G4) Les frères Caudron
changèrent de Romiotte pour la plage du Crotoy début
1910. Un grand hangar pouvant abriter plusieurs
aéroplanes fut construit. René Caudron obtint son
brevet de pilote en 1910 N° 180, Gaston lobtint en
1911 N° 434. Cette affaire, et surtout les vols,
sébruita et la notoriété arriva.Cest à cette époque que
date les premières cartes postales des frères Caudron
devant leurs avions.Cest aussi à cette époque
quils eurent lidée pour renflouer les
caisses de créer une école de pilotage. (Guillaux,
Maïcou, Galtier, Mme Driancourt ). Quelques temps plus
tard des officiers pilotes furent formés. (1913) A
RUE, Lentreprise se développa pour atteindre 50
ouvriers. Des hauts et des bas financiers ponctuèrent
ces années.
|
 |
Premières commandes
Quelques ventes à des particuliers ne
suffisaient pas à développer l entreprise. Suite au
meeting de Monaco en 1912 ils reçurent une commande la
Marine Française pour 2 hydravions, et ensuite le
ministère de la guerre, ayant envoyé une trentaine
délèves pilotes au Crotoy, fit lacquisition
de quelques biplans de 50 CV. Fin juin 1912, les frères
Caudron vendirent à la Chine une escadrille de 12 avions
bi-places, et René partit en Chine les réceptionner.(
juin 1913).Il reçut la récompense de lEpi
dOr par le gouvernement chinois et à son retour à
Paris le gouvernement français lui décerne la Croix des
Braves, puis la Légion dHonneur.
Notons quand même, quau meeting de
Monaco en 1912 ils firent voler le premier
"amphibie " qui ait été réalisé
.(Flotteurs et roues).
Au Salon, en 1913, ils présentent un
hydravion de 100 CV et le 7 mars 1914 René décollait
pour la première fois, à Fréjus, du pont dun
navire, le croiseur " Foudre ",
après 12 m de roulage.
|
| Un accident se
produisit au meeting Aérien de Deauville en avril 1913,
sur hydravion, une ferrure dun flotteur cassa,
entraînant un capotage à grande vitesse. Anzani le
fabricant du moteur était à bord. Tout se termina sans
mal. Gaston gagnait le prix du ministère de la Marine
pour avion amphibie en décollant successivement de terre
et de leau. (Photo: René) |
 |
| Cest lépoque du
Caudron G.3 Printemps 1914, en France
des escadrilles sont organisées tans bien que mal. De
1908 à 1914 les frères Caudron ont construit 20 types
dappareils différents, en majorité des biplans,
en tout 113 appareils. Revenant dun meeting à
VIENNE, fin juillet 1914, en Autriche, Gaston Caudron
déclare "nous navons pas encore cela chez
nous et il ne faut pas nous endormir sur nos lauriers si
nous ne voulons pas nous faire distancer
rapidement. " (Phote C.G3)(Une réplique C.G3
vole chez Jean Salis.NdlR)
|
 |
| Au début des hostilités, les
frères Caudron feront un geste remarquable, ils
autoriseront lEtat français à construire des G.3
à sa guise, sans réclamer la moindre indemnité. Chez
Blériot, Spad, Sanchez-Besa on construira des G.3 et
bientôt des G.4 bimoteurs.
Le 1er
août 1914 René Caudron est appelé sous les Drapeaux.
Puis Gaston rejoindra son frère à Reims, en tant que
lieutenant. Lapproche des armées ennemies provoque
la fermeture de lusine de Rue ; Gaston ayant
obtenu un sursis déménage lusine à Lyon (Chemin
des Alouettes).
On forma 17.000 pilotes sur le Caudron G.3,
tant français quétrangers. Dune
maniabilité extrême, planeur parfait, le G.3 fera un
avion-école idéal. Pendant la guerre 1423 appareils G.3
furent construits. Précisons quen mars 1915, ce
petit avion avait rendu tellement de service au front, en
particulier pour les réglages dartillerie,
lEtat Major décida de le maintenir dans les quatre
uniques types davions conservés pour la cinquième
arme.
Les caractéristiques du G.3 sont les
suivantes : Bi-plan Biplace, 13,40 m
denvergure au plan supérieur et 10,05 m au plan
inférieur ; surface portante 27 m2 ; poids à
vide avec un moteur Rhône de 80 CV, 340 kg ; avec
un moteur 100 CV Anzani 418 kg ; vitesse 112
km/h ; autonomie : 4 heures ; rayon
daction environ 405 km.
Nous ne citerons pas tous les
" As " qui furent formés sur le G.3,
mais nous rappellerons des performances réalisées avec
ce petit avion : Premier record de durée repris aux
allemands, 16h 28 mn (pilote Poulet mai 1914) ;
premier looping exécuté sur biplan 17/12/1913 par le
pilote Chanteloup ; Jules Védrines le pose sur la
terrasse des Galeries Lafayette à Paris ! ! ,
En janvier 1919, le pilote Durafour le pose au sommet du
Mont Blanc ; Adrienne Bolland franchit la
Cordillères des Andes sur G.3.
R4 Pendant la guerre, lusine de Lyon ne
suffit plus à produire suffisamment davions. Bien
que Gaston lait agrandie, le 1er
novembre 1915, sur proposition du Cdt Destouches, rené
Caudron est rappelé pour construire une usine à
Issy-Les-Moulineaux où sinstallèrent plus tard
Voisin et Nieuport.
En 1916, 1917 1256 machines sortirant des
usines Caudron. Notons que Gaston dirige lusine de
Lyon et René celle dIssy-Les-Moulineaux.
Citons une anecdote ; Le 31 août 1914
Gaston Caudron avait ramené son appareil criblé de
balles à Issy-Les-Moulineaux grâce à son sang froid et
à son courage. Le Général Galliéni lavait cité
à lordre du jour en ces termes : "
Gaston Caudron Matricule 811
sous-lieutenant au 2ème
groupe daviation : a rendu les plus grands
services à laviation militaire en réalisant des
avions dun type tout nouveau quil a su
concevoir et mettre au point, en les pilotant en premier,
faisant ainsi preuve d'autant d'ingéniosité que de
hardiesse. A tenu, en outre, à conduire ses appareils au
front et à les pilotés dans les escadrilles. -
signé Galliéni. "
En effet Gaston Caudron avait à cur de
présenter lui même ses avions aux pilotes sur le front. Dimanche noir.
12 décembre 1915, dimanche, Gaston Caudron
décida dessayer un nouvel appareil : le
premier bi moteur R.4.Le mécanicien Jaumes et le
dessinateur Desmarais laccompagnèrent comme
volontaire pour ce vol. Tout se déroulait
correctement ; le décollage fut parfait,
lavion était monté à environ 200 m
daltitude lorsquune mitrailleuse, se
détachant de son support vint bloquer les câbles de
commande du gouvernail. Subitement déséquilibré,
lavion sabattit brusquement à la verticale,
projetant les trois hommes hors de la carlingue. Ceux ci
furent tués sur le coup tandis que lavion
sécrasait et prenait feu.
Le ministère avait demandé aux constructeurs
de ne pas voler, de ne faire aucun essai, de laisser
cette tâche à leurs pilotes réceptionnaires. Mais
Gaston Caudron faisait passer ses sentiments de
véritable pionnier avant tout. Il aimait trop son
métier, et il avait par-dessus tout conscience de ses
responsabilités et il lui déplaisait de les laisser
prendre aux autres, à sa place.
|
| Trois jours auparavant, il avait
été promu Chevalier de la Légion dHonneur. Le
sous-secrétaire dEtat à lAéronautique, M
René Besnard, accrocha la Croix des Braves à son
cercueil. René Caudron, bien que terrassé par la
douleur, ne se laissa pas abattre. Il jura de poursuivre
seul, et dirigea les trois usines. (1 à Lyon et 2 à
Issy-les-Moulineaux, dont celle de la rue
Guynemer !). Et successivement,
sortirent, après 1423 G.3, 1.358 G.4, 249 R.4, 512 G.6,
370 R.XI , 54 C.23.
En tout, 3.966 avions furent construits
pendant la Grande Guerre. Lusine dIssy
occupait 9.000 m2 et 1.300 ouvriers, avec bureaux
détude et laboratoires pour tester les matières
premières exigées pour la fabrication davions.
Chanteloup
Les deux pilotes réceptionnaires des avions
étaient Chanteloup et Poulet. Et notons au passage que
la date officielle de la première boucle fut le
22.11.1913, en public, à Issy-les-Moulineaux. Ce fameux
"looping " fut, en fait, exécuté
quelques temps avant, avant la guerre, à Douai. Mais
pour ne pas attirer la colère de ses chefs il avait
demandé que cela restât caché, et quil
rééditerait son exploit une fois rendu à la vie
civile. Notons que le 14 juillet 1914, en présence du
Président de la République, au meeting de Péronne, il
emmena un passager, Henry Dudon et passa la boucle avec
lui, premier passager à voler la tête en bas.
Le pilote M. Poulet
Rappelons que POULET détenait le record de
durée en lair avec plus de 16 heures de vol en
avril 1914.Par la suite, après guerre, il se distingua
par des vols audacieux et lointains ; Paris
Melbourne sur avion Caudron.
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| R. XI :
Robuste bimoteur triplace, équipé de deux moteurs de
220 CV Hispano-Suiza et fortement armé. Les deux
mitrailleurs disposaient de 5 armes. Deux jumelages et
une mitrailleuse de queue actionnée par le tireur placé
à larrière, derrière le pilote. Il fut utilisé
comme avion de reconnaissance à grande portée, avion
photographique, escorteur des avions de bombardement. Caractéristiques :
Envergure : 17,926 m au plan supérieur ;
16,970 au plan inférieur ; surface portante 53
m ; Poids à vide 1422 kg ; vitesse : 190
km/h ;
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| 11.11.1918 Le
dernier prototype des avions de guerre fut le C.23. Tels
quils étaient conçus ils pouvaient faire
dexcellents avions de transport ; Védrines en
fit lessai sur la ligne Paris Bruxelles. Mais
lidée fut abandonnée. Cela nempêcha pas
René Caudron dexposer son C.23 au Salon de 1919
première exposition daprès guerre
Cette superbe machine, bimoteur avec ses deux Salmson de
250 CV, tout de luxe et de confort, proposait 20 places
spacieuses, fauteuils en osier avec dépais
coussins, et fumoir à lavant, tapissé de couleur
bleue.
Mort de Védrines.
Jules Védrines fut pilote dessai chez
Caudron lorsque le 21 avril 1919,avec le mécanicien
Guillain, il senvola avec un C.23. Objectif Rome,
1.600 litres dessence. Pour lépoque cette
quantité de carburant était énorme, et Védrines qui
connaissait bien la machine, ayant lui-même fait tous
les essais, décolla sans aucune difficulté de
Villacoublay. Le temps nétait pas beau, et
survolant la Drôme, un de ses moteurs sarrêta. Il
chercha un endroit où atterrir et brutalement il
sabattit au sol à Saint Rambert dAlbon. Les
deux aviateurs avaient été tués sur le coup. Védrines
avait 38 ans.
Raid et difficultés.
" On sétait extasié en 1934
sur le raid Londres Melbourne des Anglais, mais personne,
à lépoque na rappelé les noms de ceux qui
ouvrirent la route.
En 1919, POULET et son mécanicien BENOIST,
volaient par étapes courageuses,
dIssy-Les-Moulineaux à Melbourne, sur un G.4 et en
novembre de la même année, sur le même type
dappareil, le même équipage se portait au pays
des tigres à RANGOON (Indes). "
La demande en avion ayant brusquement cessée,
chez Caudron il restait du bois, des machines et bien
sûr des ouvriers spécialisés, la conversion fut de
règle. Cest ainsi quen 1920 et 1921, on
construisit des "tombereaux ",
solides charrettes sur deux roues destinées aux paysans.
Lusine fabriqua ainsi plus de 500 tombereaux et
fourragères. Quant aux mécaniciens, monteurs etc. , ils
travaillaient à lannexe
à réparer des
camions de larmée. Mais seulement, un tiers des
effectifs fut conservé.
Puis peu à peu, on repris la construction
aérienne. On sortit à Issy le C.31, le C.33, le C.35,
et le C.37.
Le C.37, destiné au transport des passagers
comportait 6 places, tiré par 3 moteurs 80 CV Rhône. Sa
vitesse était de 150 km/h, dont on était très fier.
Puis vinrent le C.39, le C.57, le C.59, le C.60, et le
C.61. Les cordes à piano diminuaient autour des mâts de
la cellule et lon gagnait en vitesse.
Le C.59 fut un excellent avion-école, biplan,
biplace, moteur Hispano 180 CV, de même que son cadet le
C.60 tiré par un moteur Clerget de 130 cv. Le C.59 fut
un succès commercial puisque larmée en reçut
plus de 1000 et que de nombreux pays le commandèrent en
masse. Exploits
En avril 1921 le chef pilote de Caudron,
Poiret, fut le grand vainqueur du meeting de Monaco avec
un C.51 tandis que Maïcon gagnait la course Monaco
Ajaccio Monaco sur un hydravion C.39 trimoteur Clerget de
130 CV.
La même année Poiret enlevait à 78 km/h de
moyenne la coupe Michelin sur C.60 après douze
atterrissages rendu obligatoire par le règlement pour
les opérations de contrôle et de ravitaillement.
Le 30 juillet laviateur suisse,
Durafour, posait habilement son G.3 au sommet du Mont
Blanc et en repartait.
Au cours de la même année, Adrienne Bolland
franchissait, seule, la Cordillière des Andes, premier
grand exploit féminin.
En 1922, Poiret, encore lui, se classait
premier de la course Marseille Monaco sur un hydravion
C.65, puis il enlevait le concours aérien de Bruxelles,
réservé aux avions de tourisme, sur un C.68. Premier avion de
"tourisme ".
Cest le 28 février 1922 que René
Caudron sortit son premier avion de tourisme. Cet
appareil, conçu en 1921, fut retardé suite à la mise
en service de son moteur. Un 25 CV Anzani tirait ce petit
biplan monoplace, très maniable et très économique.
Plus tard le moteur fut remplacé avantageusement par un
50 CV. Les journaux de lépoque
"lAuto " et "lEcho des
Sports " eurent eux aussi leur C.67
particulier. (Pilotes André Boillot et Eugène Renaux).
Prototype.
Pour le grand prix des avions de transport qui
devait se courir du 10 au 15 novembre 1922, les usines
Caudron sortirent le C.74, énorme quadrimoteur de 300 CV
Hispano. Poirée en fit les essais. Sétant envolé
du Bourget le 14 novembre avec ses deux mécaniciens,
Courcy et Bobillier, Poirée, pilota dans des conditions
météo très douteuses et soudainement il sabattit
de lautre côté de la Morée et malheureusement
tous les trois périrent. Les témoins de cet accident
tragique ont souvenir de la cabine éventrée, toute
neuve, dont les parois tendues dune cretonne
fleurie étaient souillées de sang.
En 1923, ce fut calme, et en 1924, le pilote
Patin enlevait la coupe Zénith sur un C.27. Puis des
jeunes se distinguèrent, tel Vanlaère vainqueur du
concours des avions de tourisme sur un C.128, en octobre
1925 ; tel Bécheler qui se posa habilement devant
le Grand Palais le jour du Salon de LAviation. En
1926, un touriste amateur, Robert Landiech, réussissait
le voyage Brazzaville Kotonou, soit 2.700 km avec un C.
60 à moteur Clerget de 130 cv.
Fin 1926, lusine Caudron avait repris
toutes ses activités aéronautiques, et sortait en
série les C. 59, les C.101, les C. 161 et les premiers
C. 109 qui devaient lannée suivante apporter toute
une gamme de beaux records à l Aéronautique
française dans laviation légère. A cette époque
René Caudron navait sorti pas moins de 90
prototypes, dont la grande majorité à ses frais. Petits avions Grands
records.
Cest en 1927,grande année de
laviation avec en mai la traversée de
latlantique par Lindbergh, que les petits avions
engrangèrent de grands records. Une machine allait
simposer entre toutes pour laviation
légère, le C. 109, monoplan biplace genre parasol,
tiré par un moteur de 40 cv.
Au mois daoût Maurice Finat remportait
le concours international de Zurich, puis plus tard, en
compagnie de Roger Labrie, il battait le record du monde
en circuit fermé pour les avions légers, en tenant
lair plus de 12 heures. (Circuit tracé aux
environs du Bourget). Lappareil, tout compris, ne
devait pas peser plus de 350 kg et dépasser les 700 km
réalisés par les Tchécoslovaque qui détenaient le
record. A part le décollage délicat, tout se passa
bien. René Caudron était présent. La distance
parcourue fut de 1.400 km !
Par la suite signalons que plusieurs autres
records furent battus par Finat et sa femme, Max
Knipping, par Maryse Bastié, par Léna Bernstein, par
Raymond Delmotte.
Enfin de 1927 à 1929 le C. 109 remporta un
nombre considérable de victoires. Citons une des plus
belles, Maryse Bastié tenant lair, toute seule,
durant vingt six heures et quarante six minutes en
reliant Koenigsberg, en Prusse.
Cest vers la fin de 1924 que Raymond
Delmotte remplaça lancien chef pilote Patin chez
Caudron. Mentionnons que le collaborateur le plus proche
de rené Caudron fut Gabriel Roumégous qui poussa M
Caudron à sortir des avions destinés soit au transport
soit au tourisme soit à la Postale.
En 1928 lusine du Crotoy fut
abandonnée. Lécole ira à Ambérieu. Et
cest aussi dans les parages de Versailles
quune autre école fut ouverte à Guyancourt.
Blériot était à Buc, Morane à Vélizy, Farman à
Toussus le Noble. Le terrain faisait 27 hectares en 1930.
Cest donc de Guyancourt que senvolèrent les
"aiglon ", "phalène ",
"luciole ", "simoun ",
"rafale ", "goéland ",
"typhon ".
Lauteur du livre " Les Frères
Gaston et René CAUDRON ", Roger LABRIC, a
demandé à René Caudron doù venaient les noms de
ses avions, la réponse fut simple : A part le
"luciole " du nom de la jument qui permit
les premiers vols, les autres noms furent choisis sans
raison particulière !
|
| Lingénieur
RIFFARD. Cest en 1932, à
la vue dune maquette davion réalisée par
lingénieur Riffard, que René Caudron voyant des
lignes impeccables et "fleurant bon
laérodynamisme " lengagea. Et
cest à lui que lon doit les fins racers de
la coupe Deutsch.
En 1933 commencèrent les grandes vitesses,
sur les études de Riffard. Le C. 362, avion créé pour
la coupe Deutsch, monoplace, moteur Renault de 6 litres
de cylindrée.
En mai 1933, Delmotte volait sur 100 km à
333,65 km/h ; amélioré lannée suivante il
gagnait 12 km avec le même appareil et même moteur.
Puis les vitesses augmentèrent : le C. 366 planeur
identique au C. 362 permettait à Massotte darriver
à 361 km/h de moyenne sur 2.000 km.
Le "rafale " devait fournir
dexcellents résultats tant au 12 heures
dAngers quà la coupe Esders sur
Deauville-Cannes-Deauville.
Maurice Arnoux puis Hélène Boucher battaient
record sur record. Le 24 mai 1934, Delmotte sur monoplan
C. 450 type coupe Deutsch 1934, équipé dun moteur
Renault 6 cylindres de 8 litres à compresseur,
soctroyait le record international pour avions
"terrestres " toutes catégories sur 100
km à 431,654 km/h de moyenne.
Les gros progrès en vitesse furent gagnés
par laérodynamisme, les compresseurs, les hélices
à pas variable, le train escamotable et non pas par la
course aux "gros moteurs de 1000 ou 1500
CV ".
Cest à ce moment que Caudron ouvrit une
école de pilotage à Royan. Les élèves pilotent bien
avant la fin de leurs stages, volèrent sur
"simoun " ! Deux pionniers.
Le 1er
juillet 1933, après des pourparlers, Louis Renault et
René Caudron unissaient leurs efforts. François
Lehideux allait les escorter. Ce fut un coup de fouet qui
allait doper laviation de tourisme et
laviation de vitesse. Bientôt 2.000 ouvriers
spécialistes tant à Billancourt quà Issy
travaillèrent pour laviation.
Cest donc de cette époque que Caudron
devint CAUDRON-RENAULT.
Le constructeur aviateur René Caudron volait
depuis 1906, breveté le 7 août 1910 avec le Numéro 180
reçu la Croix de la légion dhonneur en juillet
1913. En février 1921 il reçut la Rosette de la Légion
dHonneur.
René CAUDRON mourut en 1959.
|
Label de
"Caudron-Renault"
Entre 1919 et 1932 , la collaboration avec
Renault fut pratiquement inexistante. Seuls 4 appareils
furent munis de moteur Renault : le C 91 (1923), le C 232
(1930), le C 272 (Luciole 1931 et 1932).
|
 |
| La naissance de Caudron-Renault
doit remonter en 1933, dans le cadre d'une
restructuration de l'aviation voulue par le gouvernement
. Le ministre de l'Air demanda à Louis Renault de
reprendre le contrôle de Caudron car une note
ministérielle du 05 mars 1936 disait "en appliquant
à l'aviation la puissance des moyens utilisés pour la
construction des autos, des moteurs, on devait pouvoir
obtenir des résultats nettement améliorés quant à la
rapidité de production et au prix de revient". La
"Société Anonyme des avions Caudron" naquit
le 30 juin 1933. Renault détient la majorité des
actions de fait, soit directement soit indirectement. Le
groupement Caudron-Renault favorisera grandement l'essor
de l'aviation française . Un des premiers objectifs fut
la vitesse.
Lors de la deuxième Coupe Deutsch, deux
avions seront construits : le C 450 et le C 460. Marcel
Riffard en dessine les cellules, Renault étudie et
fournit les moteurs (Sous la direction de Charles-Edmond
Serre). Le C 450 avait un train fixe, le C 460 un train
escamotable. Le 27 mai 1934, à Etampes-Mondésir, 4
Caudron-Renault sont engagés.
Le pilote Arnoux gagne l'épreuve avec un
temps de 5 heures 8 min 31 s et une vitesse moyenne de
389 km/h sur Caudron-Renault C 450. Monville est 3ème ,
5 heures 51 min 52 s, moyenne à 337,230 km/h sur
Caudron-Renault C 460.
"L'Aérophile" écrivait : "Du
point de vue sportif, Arnoux a battu sur son avion
personnel Farman , le record français d'altitude
d'avions légers biplaces avec 6.855 m. Il a effectué le
tour d'Europe du challenge d'avions de tourisme 1932, se
classant troisième des français, et compte, en outre,
une seconde place dans la Coupe Dunlop, ainsi qu'une
deuxième place dans la Coupe Zénith 1931. De plus , il
a battu les records de vitesse en monoplace sur 100 km et
en biplace sur 100, 500, 1.000 km".
Arnoux avait aussi atteint la vitesse moyenne
de 393,308 km/h sur 1.000 km, dans cette Coupe Deutsch.
Troisième Coupe Deutsch de la Meurthe.
19 mai 1935.Marcel Riffard prépare le C 560,
moteur Renault 12 cylindres inversés en V refroidi par
air, de 450/475 CV, hélice Ratier à pas variable.
Arrivent aussi , Delmotte sur Caudron-Simoun, Maurice
Arnoux sur Caudron-Rafale. La revue "L'Auto"
écrit : "préparatifs fébriles, montages
hâtifs". Cinq Caudron sont engagés. Cinq Caudron
sont retenus par le jury pour l'épreuve finale.
Seuls, des Caudron-Renault sont engagés, donc
victoire acquise d'avance, mais la vitesse reste la vraie
victoire.
Lu dans la revue "L'Auto" du 20 mai
:"Le temps déplorable de samedi faisait redouter le
pire, or les départs furent donnés à l'heure et dans
l'ordre. Monville, ayant des bougies encrassées par
suite d'un long point fixe au ralenti, dut changer de jeu
de bougies.Il perdit 16 minutes. Les plus rapides
terminaient leur premier tour , lorsqu'il s'envola.
Après le quatrième tour , le pilote Franco abandonne.
Au huitième tour, c'est Arnoux qui a des ennuis de
graissage. Il abandonne, ayant malgré tout, en poussant
sa machine, bouclé le septième tour à 469 km/h".
Fin de la première manche. Début de la
seconde. 13 heures quand les trois avions encore en
course recoivent le signal du départ. Monville laissa sa
machine à Arnoux. Peu de termps après Arnoux revint au
terrain. Delmotte remporta l'épreuve à 443,965 km/h de
moyenne.
Quatrième et dernière Coupe Deutsch.
13 septembre 1936. Cinq Caudron-Renault
engagés: 2 C 461, 1 C 450 , 2 C 560. Les différences de
ces appareils par rapport à ceux de 1935 résidaient
dans l'aérodynamisme amélioré par l'ingénieur Riffard
et les trains d'atterrissage escamotables sur tous.
Lacombe remporta l'épreuve à la vitesse moyenne de
389,462 km/h. Une revue spécialisée attribua le recul
de la vitesse à la mise au point des moteurs.
La Coupe Deutsch, la 5ème, n'eut pas lieu. On
attribua sa disparition au manque d'émulation entre les
constructeurs, fort peu nombreux.
Dernières grandes victoires.
Epreuves américaines: Greve Trophy et Tompson
Trophy. Vaincre les américains, chez eux, fut l'oeuvre
du pilote Détroyat.
Puis ce fut Hélène Boucher, dont le premier
vol eut lieu sur Moth-Gipsy le 15 juin 1931, hélas le
dernier, le 30 novembre 1934 sur Caudron-Rafale. Mais ce
furent trois années de victoires qui la rendirent
légendaire. Michel Détroyat l'initia à la voltige.
Elle rejoignit l'équipe Caudron. 1934 fut l'année de sa
gloire. Le 8 juillet 1934, ce sont les Douze Heures
d'Angers qu'elle remporte parmi 7 hommes et trois femmes.
Le 8 août suivant elle remporte , à Istres, sur Caudron
N° 13, la Coupe Deutsch, 1.000 km à la vitesse moyenne
de 409,200 km/h. Deux jours plus tard elle bat le record
féminin de vitesse pure sur 3 km , avec une vitesse de
428,223 hm/h. Le lendemain elle l'améliore en le portant
à 445,028 km/h. Puis le 30 novembre 1934 arriva ...
Maryse Bastié, sur Caudron-Simoun , quitte
Dakar le 30 décembre 1936 et atteint Natal, 3.100 km, à
la vitesse moyenne de 256 km/h battant le record de Joan
Batten. Paris l'acclame.
Maryse Hilsz, 1.200 sauts de parachutisme,
s'attaque au record de distance féminin, détenu par
l'Américaine Amélia Earhard, le 19 décembre 1937, sur
Caudron-Simoun de 220 CV. Elle part d'Istres pour Saigon
, mais le mauvais temps l'oblige à faire escale à
Alexandrie. Echec relatif car elle repart et le 23 se
pose à Saigon, battant le record des 10.150 km en 92h 31
min, à la vitesse de 124 km/h, détenu par André Japy,
mais moins bien qu'Amélia Earhard.
La gestion du groupement Caudron-Renault
posait des problèmes tant financiers que d'organisation.
En 1935 la société Renault Aviation est créée. Le 11
août 1936, le Parlement français vote une Loi de
nationalisation des entreprises de guerre. Cependant
Caudron y échappe car son orientation est civile et non
militaire. Une réforme intervient le 18 mai 1938, et la
S.M.R.A. est créée.(Societé des Moteurs Renault pour
l'Aviation). C'est en 1944 que Caudron et Renault seront
nationalisés dans la S.C.A.N. , puis Nord Aviation, la
S.M.R.A. se retrouvera dans la S.N.E.C.M.A.
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| Caudron-Renault offrit une vaste
gamme d'appareils: le "Luciole", le
"Simoun", l'Aiglon, le "Goëland", le
"Phalène", le "Pélican". Trois
appareils militaires, le "Kangourou", le
"Rafale", le "Cyclone".etc... (Photo
: Le rafale) |
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